Un
tunnel pour protéger les pipe-lines
Par L'Est Républicain,12 Octobre 2004
La Sema, une entreprise luxovienne spécialisée
dans la protection contre les explosifs, vient d'inventer
le « Tunnel bomb killer » à la demande
d'une société anglo-saxonne.
LUXEUIL. Le savoir-faire de la Sema, qui ne manque
pas une occasion d'inventer de nouvelles fabrications pour
lutter contre le terrorisme, est maintenant connu sur les
cinq continents. En toute logique, c'est vers elle que s'est
tournée une société anglo-saxonne inquiète
face à la recrudescence des attentats sur les pipe-lines,
qui frappent principalement le Nigéria et l'Irak.
Huit couches d'acier
Deux mois plus tard, le TBK (Tunnel bomb killer) est prêt.
Un tunnel en tôle ondulée, c'est ainsi que
se présente cette dernière invention, développée
chez Rotofer, une entreprise voisine, pour la bonne raison
que la Sema ne travaille que les plastiques et textiles
techniques.
Le fameux tunnel est composé de huit couches d'acier
galvanisé réunies entre elles pour former
une sorte de nid d'abeilles de 14 cm d'épaisseur.
« Ces protections devant être installées
sous terre, on ne pouvait pas utiliser les systèmes
d'absorption habituels. Il fallait donc recréer des
espaces d'air destinés à servir d'amortisseurs
», précise le PDG, Charles Laubie. Testé
avec diverses charges explosives, le système a fait
ses preuves et va partir prochainement pour le Moyen-Orient.
De quoi rassurer les sociétés pétrolières,
qui appréhendent de voir les attentats se multiplier
dans tous les pays du Golfe Persique.
Le coût de la sécurité
Les commandes se multiplient et concernent à chaque
fois plusieurs kilomètres de protection. Jusqu'à
17 ! Ce qui justifie l'utilisation de métal, beaucoup
moins onéreux que les plastiques.
Le tunnel est fabriqué par modules d'un mètre
de longueur pour un diamètre de 1,48 m, encastrables
les uns dans les autres pour une parfaite efficacité.
« Nous acheminerons les tôles à plat,
pour une question de facilité de transport. Les modules
seront montés sur place par de la main-d'oeuvre locale,
sous la direction d'un superviseur de l'entreprise »,
poursuit le PDG.
Le coût de la sécurisation des pipe-lines s'élève
à 500 € le mètre. « C'est très
peu par rapport aux conséquences que peut avoir un
attentat sur un pipe-line. Le rapport entre le coût
de la protection et celui de la réparation est généralement
de 1/100.000e », fait remarquer Charles Laubie. Une
économie substantielle, que le PDG voit déjà
répercutée sur le prix du baril de pétrole...
Le TBK fait l'objet d'un brevet mondial. Et l'on parle déjà