Une
parade aux « bombes sales »
Par L'Est Républicain, 20 Avril 2004
La semaine dernière, dans le Financial Times, un haut
responsable de la lutte anti-terrorisme faisait état
de ses craintes. Les autorités de Bruxelles ont récemment
indiqué que seize attentats majeurs ont été
déjoués en Europe depuis le 11 septembre 2001.
Il était donc urgent d'inventer un dispositif de protection
contre de tels attentats. La Sema basée à Luxeuil,
qui dispose d'une solide expérience dans les protections
contre les explosifs et d'un indéniable savoir-faire
dans les protections biologiques et chimiques, était
en première ligne pour tenter de trouver une solution.
L'entreprise haut-saônoise a déjà fabriqué
les « Bio Bag », pour les courriers suspectés
de contenir de l'anthrax, ainsi que les dispositifs anti-explosion
mis au point depuis deux ans, le « GBK » pour
les colis suspects, « Storm Wall » pour les voitures
piégées, ou le « Fire Wall » contre
les attaques de kamikazes.
Une fois encore, les têtes pensantes du bureau d'études
de la SEMA, à Nanterre, qui font travailler l'usine
de fabrication luxovienne, ont trouvé une solution
contre les « bombes sales » (« dirty bombs
»).
Ce nouveau dispositif de protection, le « DBK »
(Dirty Bomb Killer), apte à neutraliser les effets
de l'explosion d'une « bombe sale », biologique
ou chimique, est le résultat d'une solide réflexion
autour de la nature de la bombe, de ses composants, de ses
cibles et des systèmes de mise à feu.
« Sécurité totale »
« Les contraintes de confinement entraînent
une isolation complète de l'engin suspect pour pouvoir,
en cas d'explosion, obtenir une neutralisation parfaite.
Il est donc nécessaire de pouvoir arrêter la
fragmentation ainsi que l'effet de souffle et contenir les
différents dégagements possibles, gazeux ou
liquides », explique Charles Laubie, le PDG. Il poursuit
: « Conçu pour sécuriser les hommes
et les lieux, permettre l'évacuation de l'élément
suspect en toute sécurité et le placer dans
un environnement adapté pour effectuer les analyses
nécessaires, le DBK comporte un système de
prélèvement pouvant également être
utilisé pour injecter des produits réactifs
ou des agents neutralisants ».
Rien n'est laissé au hasard. Comme pour chaque invention
de la Sema, un système de transport simple et efficace
est prévu. « C'est une sorte de chariot, dont
le plateau est toujours à l'horizontale, qui peut
fonctionner sur des roulettes ou comme un traîneau,
au cas où l'attentat ait lieu dans un endroit où
il y a des escaliers, le métro, ou une salle de spectacles
», précise Patrick Larcher, le directeur du
site luxovien.
Ce nouveau dispositif, présenté aujourd'hui
en exclusivité dans nos colonnes, ne tardera pas
à être diffusé dans le monde entier,
comme les précédentes inventions de l'entreprise,
qui - terrorisme oblige - va d'ailleurs être obligée
de s'agrandir.